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Première rencontre du cycle "Pratiques de soin et collectifs". PARIS

L’usage de drogues, hier et aujourd’hui. Quelles pratiques d’auto-support dans l’adversité de la prohibition

jeudi 21 janvier 2016

Un jeudi par mois se tiendra une rencontre dans le cadre du séminaire "Pratiques de soin et collectifs" à Aubervilliers à côté de Paris, sur une proposition de Josep Rafanell i Orra

La première rencontre aura lieu Jeudi 28 janvier 2016, de 19h à 21h, et portera sur :
"Drogues et médicaments.
L’usage de drogues, hier et aujourd’hui. Quelles pratiques d’auto-support dans l’adversité de la prohibition
Pouvoir des drogues. Pouvoirs sauvages et pouvoirs domestiqués."

avec Fabrice Olivet et Georges Lachaez, membres du collectif d’auto-support d’usagers de drogues ASUD (http://www.asud.org/), et Hervé Porcceda du réseau français sur l’entente de voix REV (http://www.revfrance.org/)

Pour plus d’info sur les séminaires :

http://www.leslaboratoires.org/article/seminaire-pratiques-de-soin-et-collectifs/le-printemps-des-laboratoires-4

Programme :

28 janvier 2016, 19h
« L’usage de drogues, hier et aujourd’hui. Quelles pratiques d’auto-support dans l’adversité de la prohibition ? »

25 février 2016, 19h
« Collectifs de personnes « expertes par expérience » : qu’est-ce que ça change dans les pratiques des professionnels de la psychiatrie ? »

31 mars 2016, 19h
« Communauté des corps transfigurés. Créations collectives autour de la maladie somatique »

28 avril 2016, 19h
« Prostitution : travail, stigmatisation et salut. Des collectifs de travailleurs du sexe contre les pratiques policières »

19 mai 2016, 19h
« Rendre la ville habitable : vivre et errer dans la rue

Pour la première rencontre, voir l’argumentaire ici :

http://www.leslaboratoires.org/date/seminaire-pratiques-de-soin-et-collectifs-rencontre-1

Ou le lire ici :

Drogues et médicaments.
Quelles pratiques d’auto-support ?

Pouvoir des drogues. Pouvoirs sauvages et pouvoirs domestiqués.

On dit des substances psychoactives qu’elles ont le pouvoir de modifier notre « conscience » : nos affects, nos sensations, nos perceptions, notre pensée. Mais qu’en est-il du pouvoir qu’elles ont de constituer des collectifs ? Communautés mouvantes de toxicos précarisés de la rue, communautés occasionnelles des noctambules, communautés de psychiatrisés et de soignants figées dans une asymétrie instituée, communauté de flics, juges et cliniciens agissant de concert, mais parfois en conflit, dans le contexte de la prohibition. Et communautés d’auto-support de drogués polititisés.

On dit aussi qu’il y a des usages « sauvages » des substances psychoactives (consommations « illégales », ou détournés, en tout cas incontrôlables de psychotropes). On pourra dire qu’il y a alors des usages domestiqués (ceux enserrés par la prescription et la délivrance contrôlées par des gens autorisés : médecins, psychiatres, pharmaciens…). On parlera en France, de « drogues » et de « médicaments », de drogués ou de « toxicomanes », c’est-à-dire des malades, patients actuels ou virtuels.

Il vaudrait mieux dire alors que les usages pluriels de drogues constituent des réalités multiples. Ou qu’il s’agit avant tout d’une question de dispositifs suscitant des modes de subjectivation, des manières de faire exister nos expériences de drogués. Dans quel agencement l’usage des substances psychoactives vient conforter un statut de malade docile, un patient, ou celui d’un toxico récalcitrant ou encore celui d’un psychotique censé s’ignorer ? Mais aussi, qu’est-ce que l’ensemble d’opérations relationnelles, avec des humains, des molécules, des lieux, des règles, qui vient légitimer le savoir et l’identité du clinicien et un non-savoir et un statut de malade ? D’un coté le psychotique neuroleptisé, l’angoissé désanxiolisé, le dépressif thymo-régulé, le toxicomane substitué. Et de l’autre le pharmacologue, le médecin, le psychologue, l’éducateur, le flic et le juge, à supposer qu’ils ne se défoncent jamais. Il va de soi que les uns et les autres n’ont pas le même pouvoir de déterminer la légitimité d’une expérience. Mais il se trouve que parfois les patients deviennent des impatients. L’histoire de l’auto-support des usagers de drogues fût et est encore, entre autres choses, une tentative pour rompre avec cette asymétrie qui fonde le rapport des uns et des autres au soin.

On dira donc des drogues comme du pharmakon : qu’elles sont un remède ou un poison en fonction des circonstances. Et si ce qui soigne ou qui rend malade dans la substance était une question d’agencement qu’il s’agit de construire collectivement ? Et si les molécules dans leurs variétés exigeaient avant tout des nouveaux partages ? Il y a un pouvoir « molaire » à examiner : les lois prohibitionnistes, le monopole de la prescription par le corps médical, concomitants à l’emprise étatique sur la gestion de la santé des populations. Mais il est inséparable d’une microphysique du pouvoir.

Il y a aussi alors des résistances moléculaires. Celles-ci se traduisent par des nouvelles pratiques relationnelles qui refusent les régimes d’asymétrie naturalisées. Là où la légitimité des uns, le savoir des pharmacologues et des cliniciens, dépend du non-savoir des autre et de l’acceptation inconditionnelle de leur statut de malades (pour leur bien), il y a à inventer des nouvelles communautés à partir des pratiques et de la construction de savoirs partagés.

Fabrice Olivet et Georges Lachaez, membres du collectif d’auto-support d’usagers de drogues ASUD (http://www.asud.org/) et Hervé Porcceda du réseau français sur l’entente de voix REV (http://www.revfrance.org/) sont les invités de cette rencontre.

Nos échanges seront précédés par l’écoute de fragments de musique concrète composée par Hervé Porcceda.

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