Nébuleuses

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A peine ombre

jeudi 10 décembre 2015

Il y a des lieux qui marquent notre rapport à la psychiatrie. Et il y a des manières de transmettre ces lieux qui nous marquent profondément. Un de ces lieux est Laborde. Une des manières de le transmettre est le film À peine ombre de Nazim Djemaï.

A regarder ce film on se dit que le réalisateur arrive à transmettre ce qu’est Laborde par la forme même du film. Il nous amène à la rencontre des personnes qui sont à Laborde sans préciser leur position institutionnelle (qui est pensionnaire ou salarié), en prenant le temps de la rencontre, en laissant chaque personne s’exprimer sans apposer un discours sur ses propos...
Un film à la sensibilité immense qui inscrit le propos dans la forme, l’intention dans sa structure, un film à l’image de la psychothérapie institutionnelle.

On se souvient de Nawna (primé au FID 2007), tourné dans le Grand Nord canadien des Inuits. Nazim Djemaï, à l’écoute de la difficile transmission entre générations, y laissait les paroles recueillies se fondre dans une étendue neigeuse loin du simple décor. Voici à nouveau la nature, avec ses saisons clairement marquées cette fois, et à nouveau le verbe, très diversifié en réalité, matières de son dernier film. Car c’est de La Borde qu’il s’agit, clinique fameuse pour son site en pleine campagne, son château côtoyant sur 40 hectares de bois et d’étangs, un jardin potager, une serre, un poulailler. Mais plus célèbre encore Sauver pour le choix fait par son fondateur, le docteur Jean Oury, en 1953, d’y remettre radicalement en cause la pratique psychiatrique, les rapports et la hiérarchie de l’accès au savoir entre patients et soignants.
Pour décrire ce paysage rare, fait de lieux autant que d’êtres, Nazim Djemaï déroule simplement une suite de portraits, longues séquences en plans fixes, chaque protagoniste décidant de l’endroit, quelquefois insolite (tel ce jeune homme debout près d’une machine qui assourdit ses propos), où il souhaitait s’exprimer. Dans cette succession de discours, du flux de paroles jusqu’au mutisme, de pensionnaires et de membres de l’équipe de soin, la surprise, l’émotion, la gravité, le comique parfois aussi, singularisent autant chacun d’eux « devant les hautes solitude de la maladie » (N. Djemaï) que la distribution des rôles attendue en est perturbée.
 
Jean-Pierre Rehm

 [1]

Qu’est- que c’est que ce monde de fous ?
 
Ce film montre l’institution particulière qu’est la Clinique psychiatrique de La Borde, berceau de la psychothérapie institutionnelle fondé par le Docteur Oury en 1953. Le château est le lieu central où tout a commencé et où le Docteur Oury a installé ses premiers patients. Aujourd’hui il y a quatre secteurs d’hospitalisation qui accueillent cent sept personnes et trente en hôpital de jour. Bien que le prix de la journée d’hospitalisation soit inférieur à celui des établissements de même type, cette institution, par sa singularité, reste fragile.
 
Le film sera constitué d’un chapelet d’entretiens où chacun décide du lieu où il souhaiterait être filmé, choix parfois insolite du personnage. C’est grâce à cette proposition que nous appréhenderons la topographie du paysage labordien et ce sur une étendue de 40 hectares de bois et d’étangs, où chacun circule librement dans ses différents espaces.
 
La Borde et ses entours, les écuries, le poulailler, le jardin potager, la serre etc. sont rythmés par le défilement des saisons.
 
L’hiver, les traces de boue dans l’entrée des secteurs signent les allées et venues incessantes des pensionnaires.
 
En été, les journées sont étales, les pensionnaires peuvent profiter du parc, se prélasser tout en discutant par petits groupes dans l’herbe jusque tard dans la soirée. La clémence du temps incite les pensionnaires à prendre leur repas sur les tables disposées autour du château.
 
Les bancs éparpillés sont les témoins silencieux des conversations aux détours de rencontres fortuites.
 
Cependant cette apparente douceur qui semble apaiser les corps et les esprits se dérobe devant les hautes solitudes de la maladie.

 [2]

2012 • France • Documentaire • 86 mn • Couleur • Mode de production : Auto-production
Producteur :
Nazim Djemaï (4 rue des papillons, 41000 Blois, Tél : 06 66 06 13 76, @ : nazimov@free.fr)


[2présentation du film sur le site autour du 1er mai

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