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Guide pour décrocher des médicaments psychotropes en réduisant les effets nocifs

dimanche 28 février 2016

Que l’on soit pour ou contre la prise de traitements psychotropes, quand arrive la question de leur arrêt, la réponse ne peut être simple. Parce qu’ils provoquent une dépendance, des effets secondaires, mais aussi car ils viennent remplir un rôle dans notre vie à partir du moment où on les prend, ces médicaments sont difficiles à arrêter.
Ce guide écrit par Will Hall et traduit par Icarus project rassemble des informations sur l’arrêt des médicaments psychotropes.

Pour une version adaptée à la lecture sur écran d’ordinateur
c’est ici pour l’accès direct au document :

ou là : http://www.willhall.net/files/ComingOffPsychDrugsHarmReductGuide-French.pdf

Pour une version prêt à imprimer
c’est ici pour l’accès direct au document :

ou là : http://www.willhall.net/files/ComingOffPsychDrugsHarmReductGuide-French-ZinePrint.pdf

Le lien vers le site du Projet Icarus version française : https://icarus.poivron.org/guide-pour-decrocher-des-medicaments-psychotropes/

Notes de l’auteur
 
Voici un guide que j’aurais aimé avoir lorsque je prenais des médicaments psychotropes. Le Prozac m’a aidé quelque temps, puis m’a rendu maniaque et suicidaire. J’ai été malade des jours durant après avoir arrêté de prendre du Zoloft, tout en étant accusé par des thérapeutes de simuler. Les infirmières qui m’ont prélevé le sang pour contrôler mon niveau de lithium ne m’ont jamais expliqué que c’était pour analyser la toxicité médicamenteuse, et on m’a dit que le Navane et d’autres antipsychotiques que je prenais pour calmer mes états de grande nervosité étaient nécessaires en raison d’un dysfonctionnement dans mon cerveau.
 
J’ai pris beaucoup de médicaments psychotropes différents pendant plusieurs années, mais les professionnels médicaux qui me les prescrivaient n’ont jamais cherché à renforcer mon autonomie ou à m’informer. Ils/elles ne m’ont pas expliqué comment les médicaments agissaient, n’ont pas discuté honnêtement avec moi des risques encourus, ne m’ont pas proposé d’autres alternatives, ou ne m’ont pas aidé à me sevrer quand j’ai voulu arrêter d’en prendre. L’information dont j’avais besoin était manquante, incomplète, ou inexacte. Quand j’ai finalement commencé à trouver des moyens d’aller mieux sans médicaments, ce ne fut pas grâce au système de santé mentale, ce fut malgré lui.
Une partie de moi ne voulait pas vraiment être sous médocs, mais une autre partie avait désespérément besoin d’aide. Mes souffrances étaient très sérieuses – multiples tentatives de suicide, voix de persécution, extrême méfiance, sentiment d’étrangeté, je me cachais seul dans mon appartement, incapable de prendre soin de moi-même. L’aide thérapeutique n’a pas fonctionné, et personne ne m’a offert d’autres options. On me poussait à considérer que mes problèmes étaient d’origine “biologique” et “nécessitaient” un traitement médicamenteux, au lieu de voir les médicaments comme une option parmi d’autres. Pendant un temps ce traitement me semblait être le seul moyen de m’en sortir. Cela m’a pris des années pour comprendre qu’en réalité les réponses, et mon espoir d’aller mieux, résidaient en moi.
Quand j’ai finalement quitté les hôpitaux, les résidences aménagées, et les centres d’hébergement d’urgence dans lesquels j’ai vécu pendant près d’un an, j’ai commencé ma propre recherche. Je me suis mis à évaluer mes options avec plus d’attention, en me basant non pas sur des autorités mal informées qui me dictaient quoi faire, mais sur mes recherches et sur mes apprentissages personnels. Ce processus m’a amené à co-fonder le Freedom Center, une communauté de soutien dans l’Ouest du Massachusetts qui rassemble des personnes se posant les mêmes questions.
Via le Freedom Center, j’ai découvert qu’on me refusait un droit médical fondamental : le consentement éclairé, autrement dit le fait de recevoir des informations précises sur mon diagnostic et mon traitement. J’ai appris que les mauvais traitements que j’ai subis sont monnaie courante dans le système de santé mentale. J’ai retrouvé des recherches ignorées par les médias dominants, comprenant des études MIND, une organisation caritative du Royaume-Uni, et de la Société Britannique de Psychologie, qui ont confirmé mon expérience : la plupart des professionnel(le)s ignorent comment arrêter de consommer des médicaments, et vont jusqu’à faire obstacle à leurs patients dans cette voie, en finissant parfois par leur faire du mal.Le Freedom Center m’a amené à travailler avec Icarus Projet, et ensemble ces communautés d’entraide mutuelle ont aidé de nombreuses personnes à prendre des décisions plus avisées – que ce soit pour rester sous médicaments quand ils sont utiles, ou pour explorer la possibilité de les arrêter quand ils ne le sont pas. Beaucoup d’entre nous vivent sans les médicaments psychotropes que les médecins nous ont dit devoir prendre toute notre vie, et malgré un diagnostic de schizophrénie dysthymique, cela fait plus de 15 ans que je n’ai pas pris de médocs.
Ce guide rassemble la meilleure information que nous ayons découverte et les leçons les plus importantes que nous ayons apprises à travers le Freedom Center et The Icarus Project. Ça n’est pas parfait, et je vous invite à contribuer à de futures éditions par vos expériences et vos recherches, mais c’est un guide qui, je l’espère, sera utile.– Will Hall

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