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Histoires autour de la folie

vendredi 1er janvier 2016

Il y a des films qui ne perdent pas de leur actualité même 20 ans plus tard. Histoires autour de la folie en fait partie. Peut être pour sa forme cinématographique ou par sa manière de poser des questions plus que de donner des réponses. Sûrement car il est fait de témoignages. Sûrement car il ne cherche pas à reconstruire une histoire désincarnée de l’hôpital de Ville Evrad mais qu’il s’attache à laisser la parole à ceux qui l’on traversés.
Nous ne ferons pas ici d’analyse de ce film, nous souhaitons juste susciter le désir de le voir. Alors voici quelques extraits sensibles de ce qui a éveillé notre attention et nous donne envie de revoir encore une fois ce film.

C’est la peur de l’autre qui engendre des systèmes de défense

Où l’on découvre la logique Asilaire qui a consisté à recréer une vie à part, une vie artificielle en dehors de la ville.
Où l’on se rappelle que cette mise à l’écart n’était pas destinée tant au soin qu’à éloigner les fous de la ville.
Où l’on apprend que pour tout soin il s’agissait d’attachement de nudité et d’entassement.


Histoires autour de la folie par vodeo

Où l’on nous rappelle que durant la seconde guerre mondiale on a laissé les personnes mourir de faim.
Où l’on apprend que la pathologie concentrationnaire ne se trouvait pas que dans les camps de concentration mais trouvait un lieu privilégié dans les hôpitaux psychiatriques. Et qu’ici comme ailleurs "la machine asilaire ne peut tourner qu’avec la main d’œuvre aliénée".
Où l’on apprend que pendant cette période, les fous s’échappant se sont très bien réinsérés dans la société.

Où l’ont nous dit que la folie est un artefact : le "destin de quelqu’un qui a perdu la tête tel que sa vie a été fabriquée par le système dans lequel on l’a placé. Et en réalité il y a là une falsification profonde, le destin de la folie pouvant être extraordinairement différent de ce qu’il devient dans le système en question". Où on nous propose, que dans ces conditions, "ça ne pouvait être que normal d’être fou là"

Où l’on découvre que jamais l’horreur ne pourra réduire totalement l’humanité et qu’il restera toujours des interstices de liberté. A travers des amours secrets, des échanges d’objet, des trafics...

"je vous ai dit combien j’ai été impressionné par le rapport tendu de la parole à des lieux vides" Gilles Deleuze

Où l’on découvre le sadisme de certains infirmiers, leur inscription jubilatoire dans la violence ou l’alcoolisme. Où se pose la question de leur rôle en tant que réels soignants ou simples surveillants ?

Où se pose la question de l’inscription des personnes dans la logique de l’hôpital. Comment sortir de l’HP après 53 ans passés en ces murs ?
Où un patient parle de cette emprise de l’hôpital et de son impossibilité d’en sortir "Il y aune inertie de l’hôpital qui fait que tu restes où tu es".
Et un autre "pourquoi j’y est foutu un coup de poing, j’ai eu la haine de ces maisons là [les HP] alors si tôt que je suis dehors, suis obligé de me servir de mes mains, alors c’est pour ça je ne peux pas aller dehors"

"c’est un document saisissant qui laisse des traces profondes" Pierre Bourdieu

Où Lucien Bonnafé nous propose de pensée Asilaire comme une pensée fondée sur le rejet. Rejet au sein de l’Asile. Mais rejet qui ne disparaît pas avec la psychiatrie de secteur. Rejet qui se déplace à des unités de rejet, et des chambres d’isolements.

Où un patient en 1992 nous raconte qu’il a demandé une hospitalisation et qu’il c’est retrouvé enfermé contre son gré. "Une cellule, les psychologues, les psychiatres ils appellent ça une chambre d’isolement". "J’ai finis par devenir une bête". "Ce qu’on ressent c’est l’enfermement".

Où se pose la question des effets sociaux de la folie pour les personnes et de la nécessaire transformation des conditions sociales de la personne autant que du soin à proprement parler.

"c’est à la fois un extraordinaire document sur l’histoire de la psychiatrie en France et un passionnant document sur les conséquences de l’enfermement" Le monde.

En bonus, sur internet on trouve les entretiens réalisés avec Lucien Bonafé à l’occasion de ce film :

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