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Travail social et puissances précaires, revue Z n°5

samedi 14 mars 2015

A lire sur :
http://www.zite.fr/Sommaire-Travail-social-et


Sommaire : Travail social et puissances précaires, Z n°5

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EDITO
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Pendant la préparation de ce numéro, la réforme du régime des retraites a porté un nouveau coup aux acquis sociaux, le monde arabe s’est soulevé, et le Soleil levant a recraché le feu inextinguible de la société nucléaire. Garé à Montreuil, Gigi, le camion de Z, ne démarrait plus. Nous constations plus tard qu’un inconnu s’y était installé pour y passer l’hiver. Alors, nous sommes restés là où nous étions, nous sommes même allés au plus près de nous-mêmes, fouiller dans les mondes de la précarité. Au cœur de la ville aux mille extrémités, celle des tours de la Défense et des trottoirs de la misère, nous avons rencontré la foule – prétendument sans voix, mais assurément refoulée – des travailleurs pauvres, des chômeurs, des RSAstes  ; et nous avons poussé la dérive jusqu’aux sans-abri, créchant sous la lune ou se réchauffant dans quelque centre d’hébergement.
Dans un monde où l’efficacité est le but ultime, et l’abondance le mythe régulateur, il y a une place assignée pour s’occuper de l’humanité que l’économie a rendue superflue : c’est le travail social. Z a voulu comprendre ce qui animait ces bénévoles ou ces professionnels dans leurs bricolages quotidiens – luttant pour éviter que leur pratique ne devienne, selon la tendance actuelle, une industrie de gestion de la misère humaine. Face aux assauts continus des fanatiques de la croissance, des travailleurs sociaux ou des «  indignés  » se mobilisent pour éviter que ce qui fait société ne cède sous les coups du «  chacun-pour-soi, et sauve qui peut  ». Mais au cours de nos enquêtes, un paradoxe nous a vite sauté aux yeux. Pourquoi persister à vouloir réinsérer les «  exclus  » à l’intérieur d’une société qui génère mécaniquement de l’exclusion  ? Pourquoi dépense-t-on autant d’énergie pour aménager le capitalisme, et si peu pour transformer la structure même de notre organisation sociale, vers plus de dignité et d’autonomie  ?
Pour saisir notre condition et proposer des perspectives, nous avons travaillé avec des collectifs de précaires qui mutualisent leurs forces, et tentent d’échapper à l’administration automatisée des pauvres [tapez étoile]. Nous avons croisé des Tunisiens élancés vers leurs désirs d’émancipation, et des Grecs attelés à un renouveau syndical. Nous avons recueilli les témoignages de ceux qui renouent avec l’éducation populaire, en cultivant une espèce de malice rare et contagieuse.
Bref, un numéro consacré à celles et ceux qui pensent la question sociale dans une langue étrangère à la tyrannie du management et de la gestion informatique. Dans le timbre de toutes ces voix, il nous semble avoir entendu le cri des solidarités à venir.


SOMMAIRE

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Révoltes tunisiennes
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Entretien / Good morning Tunis
L’insurrection du 14 janvier racontée par un jeune tunisois
Zein Abdelkafi est musicien, il a fait des études d’économie à Paris et travaille dans la production audiovisuelle. Il habite au-dessus de l’Univers, un bar mythique de l’avenue Bourguiba où l’insurrection a démarré.

Reportage / Les révoltés du sous-sol
Des mines tunisiennes aux caves nantaises
Entre 2008 et 2009, au moins 400 jeunes hommes tunisiens ont débarqué à Nantes, pour s’échouer ou passer dans les caves du Sillon de Bretagne, la plus grande cité HLM de l’ouest français. Ils arrivaient clandestinement de Redeyef, une petite ville du bassin minier de Gafsa, dans le sud-ouest tunisien. Récit d’une longue rencontre et tentative d’approche d’une pré-révolution.

Portfolio / Le camp des maîtrisards
Portrait d’une mobilisation obstinée de chômeurs tunisiens
Après le départ des Ben Ali-Trabelsi, des maîtrisards, ces diplômés au chômage, sont venus de toute la Tunisie pour manifester, réclamant des postes de professeur ou d’instituteur. Entre février et mai 2011, dans une ambiance générale de démobilisation et d’appels au calme, une quarantaine d’entre eux continuent de camper devant le ministère de l’éducation...

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3 séquences : Travail social & puissances précaires
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1 / Les voix de la rue
Longtemps abandonnés à leur sort quand ils n’étaient pas enfermés entre quatre murs, les vagabonds d’hier sont devenus des victimes  : des «  exclus  ». Trimballés de centres d’hébergement en dispositifs de réinsertion, «  gérés  » par des armadas de travailleurs sociaux, ils ne cessent pourtant d’être la classe refoulée des sociétés d’abondance. Coincés dans l’entonnoir du progrès, ils restent, obstinément et souvent douloureusement, immobiles – sur les lieux mêmes où tant d’autres passent à toute vitesse.

À Paris, nous avons rencontré des bénévoles et des professionnels qui tentent autre chose, sur place, et dont l’action nous renvoie, nous autres passants, à la même question lancinante  : s’ils sont là, où allons-nous  ? Dans une capitale électrisée par l’obsession de la croissance à tout prix, la masse des «  rebuts  » de la production fait tache. Elle met au jour les contradictions d’une machine qui carbure au «  bonheur pour tous  » sans s’inquiéter sérieusement de savoir pourquoi ni comment elle met tant d’hommes à la rue. Pour oublier le problème, l’état s’entête dans la course à la rationalisation assistée par ordinateur, tandis que les associations d’aide sociale se débattent avec des obligations de résultats impropres à leur secteur d’activité.

Mais, pendant que la raison humanitaire et la politique de l’urgence instaurent une domination d’un nouveau genre, guidée par des ersatz de solidarité, certaines initiatives continuent de résister dans le long terme. Refus de la délation, oppositions au tout-informatique et aux obligations de résultat, pratiques d’auto-support, actions pour rendre visible l’explosion des inégalités  : de la rue, on entend des voix s’élever.

Reportage / Capitale de l’invisible
Maraudes parisiennes avec des bénévoles de l’urgence sociale
En cet été 2011, les manifestations du secteur de «  l’urgence sociale  » et la démission de son leader, Xavier Emmanuelli, pour dénoncer la baisse du budget alloué aux associations qui prennent en charge les SDF, n’ont pas empêché les ministres de bronzer. Lors d’une longue et éprouvante enquête l’hiver dernier, l’équipe de Z avait accompagné une association de bénévoles dans ses maraudes nocturnes  : des tournées auprès des sans-abri pour leur offrir de quoi manger et pour partager quelques mots réchauffants. Le sentiment d’amertume et de révolte que nous tirions de la situation du «  peuple de la rue  » ne venait pourtant pas simplement d’un manque de crédits...

Entretien / «  L’urgence sociale revient chaque matin  »


Portfolio / La rue entre nos mains

Entretien / «  Ce qui fait société éclate en morceaux  »

Enquête / Les écrans du social
SIAO  : vers la gestion informatisée des sans-abri
Lancé par le ministère Fourre-tout de l’Environnement, du Développement durable, des Transports et du Logement, le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) est le dispositif qui, autour d’une commission, devrait simplifier les démarches d’accès à l’hébergement et au logement. Sur le papier, il s’agit de créer un organe gestionnaire composé de quelques personnes et d’un super logiciel, pour «  coordonner les acteurs de la veille sociale jusqu’au logement et améliorer la fluidité hébergement-logement  ». à y regarder de plus près, le SIAO semble plutôt voué à fluidifier le contrôle social et à informatiser les valeurs jusqu’ici vivaces du secteur de l’aide sociale...

Cartographie / Fichiers, bases et répertoires, premiers rouages du contrôle social
Le mot d’ordre du débat lancinant sur la «  fraude sociale  », c’est «  l’interconnexion des fichiers  », ou encore leur «  mise en relation  » (version soft voulant suggérer que le lien n’est pas automatique). En principe interdites par la loi, ces liaisons dangereuses sont pourtant déjà une réalité, notamment grâce aux Répertoires d’identifiants uniques. Celui de l’Insee, créé sous Vichy (RNIPP), est encore en place. C’est le fichier de nos «  numéros de sécu  ». Il devait servir de sésame unique, mais l’affaire Safari a retardé ce projet de 30 ans. Depuis peu, l’obsession de tout répertorier est appliquée dès le plus jeune âge...

Entretien / «  Comment chiffrer une relation de confiance  ?  »

Reportage / Pour l’instant, c’est là qu’on habite
Déménagement d’un foyer pour femmes et démocratie directe
Depuis le milieu des années 1980, le dispositif de l’urgence sociale n’a cessé de s’étendre sur la région parisienne, avec pour principal prestataire l’association Emmaüs. Il faut attendre l’année 2007 et les suites de l’occupation du canal Saint-Martin initiée par les Enfants de Don Quichotte pour qu’émerge la première critique en acte des règles de fonctionnement et du mode de gestion de ces centres d’hébergement. C’est dans ce moment de crise institutionnelle que le collectif Précipité a réalisé pendant plusieurs mois une enquête radiophonique à l’intérieur d’un foyer pour femmes du xxe arrondissement de Paris, le foyer Laumière. Le texte qui suit en est le journal de bord.

Entretien / La clinique hallucinée
Parcours d’un «  réducteur de risques  » à Médecins du monde
élaborée dans les années 1980, en pleine épidémie de Sida, la réduction de risques considère que, puisqu’il est impossible d’empêcher l’usage de drogue, mieux vaut l’accompagner pour limiter la casse. Donc  : distribuer des seringues, tester les drogues qui circulent, accompagner les bad trips... Roberto, teufeur-squatteur-éducateur, retrace le parcours qui l’a conduit à s’inspirer des premiers groupes d’auto-support, formés par des communautés d’usagers de drogues, pour monter des permanences médicosociales dans les squats.

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2 / L’industrie du social
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Avec son tissu associatif composite et ce qui pouvait y perdurer de structures informelles, de relations de face-à-face et de prolongement de culture militante, le secteur social a longtemps passé pour un milieu un peu à l’écart du marché. Aujourd’hui, assailli par la raison calculante, il n’est plus épargné. Depuis quelques années, le ministère de la Cohésion sociale martèle que le nombre d’associations devra être divisé par dix, et diminue les subventions publiques – jetant les bases d’un marché de l’aide sociale.

Parallèlement, à la faveur de la loi sur le mécénat, les fondations d’entreprise (en quête de faire-valoir éthiques) investissent le monde associatif, et expérimentent de nouvelles stratégies sur le terrain de l’économie sociale et solidaire. Après les réformes menées dans le secteur médical, dont un consultant nous livre ici les ficelles, le travail social est donc soumis au même processus d’industrialisation  : concentration, restructurations, mécanisation du travail et, sous couvert de démarche qualité, production incessante de chiffres...

68 / Histoire / «  Pour dissimuler cette difformité hideuse...  »
La philanthropie à Paris au xixe siècle
Au XIXe siècle, la pratique du legs aux pauvres, vieillards et malades se généralise. En confiant de plus en plus à l’État le soin d’administrer ses bienfaits, la philanthropie privée s’avère un élément décisif de la constitution de l’administration publique de l’aide sociale.

Enquête / Retour social sur investissement
Quand les fondations d’entreprise refont le monde
Fondation Vinci pour la Cité, Suez-Eau pour Tous, Veolia-Environnement, Sanofi-Espoir... Depuis la loi sur le mécénat votée en 2003, les fondations d’entreprise se multiplient, rivalisant d’initiatives reluisantes. Mais que font-elles au juste  ?

Entretien / «  Vinci est une pieuvre  !  »

Entretien / «  Mon entreprise finance beaucoup d’associations  »

Paro-dits / Restructurations, mode d’emploi
Le relooking de l’association Emyhouse
L’itinérance nous fait parfois faire d’étranges voyages. Comment l’équipe de Z s’est-elle retrouvée dans la salle de réunion du cabinet de conseil Orchestra, justement le jour où deux consultantes recevaient des représentants de cette vénérable institution de la solidarité qu’est Emyhouse, ça, on ne vous le dira pas. On n’expliquera pas ici non plus pourquoi une structure aussi incontournable dans le domaine de l’accueil des sans-abri qu’Emyhouse se tourne vers une entreprise de conseil en investissement pour rationaliser son activité. Toujours est-il que nous n’avons pas perdu une miette de cet entretien, authentique leçon de management appliquée au secteur social.

Témoignage / Opération rentabilité
Déambulations d’un consultant à l’hôpital
Tarification à l’activité (T2A), chirurgie ambulatoire, Nouveau management public (NMP), autant de mots clés qui témoignent des évolutions en cours dans l’hôpital public. En charge d’introduire ces réformes, un consultant démissionnaire revient ici sur cinq années d’expérience au sein d’un grand cabinet de conseil parisien. Immersion dans le nouvel esprit du management public.

Reportage / Vitry-sur-Seine  : allumer un feu
Vies politiques d’un centre social en pleine rénovation urbaine
à Vitry-sur-Seine, un des bastions rouges de la banlieue parisienne, le nouveau centre social épouse les transformations à l’œuvre. Ce quartier populaire est l’objet d’un grand projet de rénovation urbaine qui, derrière une vitrine «  haute qualité environnementale  », vise à morceler l’habitat et à attirer de nouvelles populations, plus aisées. Au cœur de ce chantier, le centre social est incité à devenir une simple courroie de transmission des politiques publiques, au détriment de salarié.e.s encore animé.e.s par les valeurs émancipatrices de l’éducation populaire.

Entretien / «  On nous demandait de faire de la délation  »
Centre social du Blanc-Mesnil, une directrice en rupture
Anissa a 50 ans. Depuis la Marche pour l’égalité en 1983 1, elle a participé aux luttes qui ont agité les quartiers populaires d’Aulnay-sous-Bois et du Blanc-Mesnil. Elle dirige le centre social des Tilleuls jusqu’en 2001, quand la mairie décide d’y installer une antenne de police...

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3 / Autonomies précaires
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Dans une société qu’il devient chaque jour plus difficile d’habiter autrement qu’en trouvant un «  poste  », dans un monde qui ne sait plus penser la coexistence des individus autrement que par l’échange économique, le travail s’impose comme le seul et unique horizon de l’«  insertion  ». Pourtant, la croissance économique, dont le système actuel fait ouvertement et cyniquement la condition sine qua non de sa survie, passe par la suppression du travail humain  : remplacer les salariés par des machines ou délocaliser dans les pays où la main-d’œuvre est moins chère. Le paradoxe est là  : une société qui ne jure que par le travail et qui ne peut poursuivre sa course folle qu’en le supprimant. Dans ces conditions, une activité digne, économiquement viable et qui ne serait pas condamnée à disparaître, devrait porter un autre nom  : un métier, une occupation ou encore une œuvre. C’est rare. En attendant, les institutions pour l’emploi ne peuvent qu’enjoindre aux chômeurs et aux travailleurs précaires – c’est-à-dire beaucoup, beaucoup de monde – de travailler sur eux-mêmes. Car même en l’absence de travail, nous sommes censés cultiver notre employabilité. Et tandis que les interlocuteurs en chair et en os disparaissent pour laisser place à des interfaces numériques, les précaires doivent se faire entrepreneurs de leur vie, acteurs de leur projet – devenir «  autonomes  », comme «  on  » dit. Pour lutter contre cet isolement, des collectifs de chômeurs et précaires mènent des expériences d’auto-organisation face aux institutions, qui sont autant de tentatives pour libérer du temps et être responsables de ce que nous faisons. Reprendre nos vies en main et nous soustraire au travail aliéné – 
devenir «  autonomes  », dirons-nous.

Histoire / Socialiser par le travail
Les débuts de la réinsertion sociale
À partir des années 1880, à la faveur d’un improbable télescopage politique entre pouvoir conservateur et anciens communards, Paris devint un terrain d’expérimentation unique en France dans la prise en charge de la pauvreté.

Pensées pratiques / Laisser germer une intention
Fernand Deligny psychanalyste  ?
Envoyer les jeunes au turbin, au charbon, au trimard, au chagrin  ? Comment un éducateur peut-il les aider à se situer par rapport au monde du travail, s’il est lui-même révolté par l’univers de la production  ? Comment faire surgir en chacun le désir d’une activité qui ne soit pas seulement un emploi, et d’où ce désir pourrait-il venir  ? C’est ce que permet d’éclairer l’œuvre de Fernand Deligny, éducateur espiègle, initiateur à la fin des années 1960 des lieux de vie et d’accueil pour les enfants autistes, cinéaste et écrivain.

Reportage-analyse / Revenu de simulation active
Le RSA et l’injonction au travail sur soi
Trente ans après l’instauration du Revenu minimum d’insertion (RMI), la création du Revenu de solidarité active (RSA) témoigne d’un changement de cap dans la conception de l’aide sociale. Le bénéficiaire doit désormais cultiver son employabilité, donner des gages d’une gestion managériale de sa propre personne. Le RSA, c’est le salaire de cette activité de simulation exigée par les institutions de mise au travail  : adopter, même en l’absence de travail, le comportement et le mode de vie du travailleur moderne...

Table ronde / De la langue de l’ennemi à la grève des chômeurs
Autodéfense des collectifs de chômeurs et précaires
Aux guichets de la CAF et de Pôle emploi, c’est de plus en plus tendu. Les allocataires sont perçus comme des fraudeurs en puissance et renvoyés vers d’insondables interfaces numériques, tandis que certains agents dénoncent l’absurdité croissante de leur mission, entre accompagnement bâclé et concours de radiations. Décidés à rompre avec l’isolement face aux institutions, des collectifs de chômeurs et précaires s’organisent pour rappeler que la précarité, loin de se limiter à une somme d’erreurs de parcours individuels, constitue bien un élément-clé de l’économie capitaliste. La Coordination des intermittents et précaires (CIP) d’Île-de-France et les CAFards de Montreuil se présentent avant de revenir ensemble sur leurs actions d’autodéfense.

Analyse / Autonomie dans le travail social
Fabriquer du dehors dans le dedans
«  Projet  », «  employabilité  », «  compétence  », «  évaluation  », «  implication  », «  autonomie  »... Tels sont les maîtres mots qui ont envahi l’ensemble des institutions sociales. Coincé entre la transformation des politiques publiques et la réalisation du modèle de la société-entreprise, le travailleur social est de plus en plus réduit au rôle de supplétif de l’économie. La contradiction n’est pas neuve pour un «  métier  » sans doute impossible depuis ses origines  : comment soigner, accueillir, fabriquer du lien à l’ombre d’une tutelle étatique avant tout soucieuse d’ordre et de normalisation  ?

Reportage-analyse / Syndicalisme  : retour à la base
Méditations sur le renouveau des syndicats grecs
En juin 2010, je décidai de me rendre à Athènes, pour enquêter sur une expérience dont on avait quelques échos dans les milieux militants en France  : le syndicalisme de base grec. Issues du mouvement anarchiste, ces organisations syndicales autonomes s’opposent à un syndicalisme confédéral, dominé par la bureaucratie et la tutelle des partis politiques. Ces expériences renvoient à un certain nombre de préoccupations et de questions politiques partagées en France. Notamment  : Quelles peuvent être les raisons spécifiques qui ont conduit une partie du mouvement anarchiste grec, largement teinté d’insurrectionnalisme, à créer des structures syndicales de base alors même qu’il se montre très critique à l’encontre du syndicalisme  ? Du point de vue du mouvement anarchiste, comment peut-on entendre le rapport entretenu entre une critique radicale du travail salarié construite à travers diverses formes d’organisation et de débrouille collective (squat, récupération, petits larcins, potagers collectifs...) et l’investissement dans la défense des droits des salariés précaires sur les lieux de travail  ? De manière plus générale, comment inscrire au quotidien la radicalité d’une décision politique sans tomber dans la cogestion, ni dans le radicalisme groupusculaire souvent marginalisé  ?
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